Précarité financière des étudiants

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cgelinas
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Précarité financière des étudiants

Message par cgelinas »

Publié le 18 novembre 2010 sur le site de la FEUQ

Les résultats dévoilés par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) dans son étude Sources et modes de financement des étudiants de premier cycle 2009 révèlent une grande précarité financière au sein de la population étudiante de premier cycle.

« 50 % des étudiants inscrits à temps plein vivent avec moins de 12 200 $ par année, 25 % avec moins de 7 400 $. Et ces données comprennent les montants reçus en prêts de l’Aide financière aux études. Imaginez l’effet désastreux qu’aurait la hausse des frais de scolarité du gouvernement Charest sur ceux-ci », indique Louis-Philippe Savoie, président de la FEUQ.

Plus vaste enquête jamais effectuée auprès des étudiants universitaires, l’étude analyse de manière distincte deux populations au profil différent : les étudiants inscrits à temps plein et les étudiants inscrits à temps partiel. L’âge des répondants est un facteur qui influence grandement les réponses. « Les problèmes sont différents, mais force est d’admettre que l’aide reçue est insuffisante pour permettre aux étudiants des conditions d’études décentes », rajoute M. Savoie.
Étudiant à temps plein

Premier fait révélateur sur cette population étudiante, 40 % des étudiants utilisent les programmes de l’Aide financière aux études (AFE). De ceux-ci, près des deux tiers n’ont pas accès à un appui financier de leurs parents. Cette situation oblige les étudiants à travailler et à s’endetter. Plus de 80 % des étudiants ont occupé un emploi durant l’année 2009. « Le portrait de l’étudiant fainéant est totalement faux. Ce sont 25 % des étudiants qui travaillent au-delà de 20 h par semaine avec une moyenne de 18,8 heures pour l’ensemble des répondants. C’est parce que les étudiants peinent à joindre les deux bouts et que l’appui financier que le gouvernement leur donne est déficient qu’ils doivent travailler autant ! », commente le président de la FEUQ.

La faiblesse des revenus d’emploi les amène à s’endetter souvent dans le secteur privé (carte de crédit, prêt bancaire et marge de crédit) pour combler le manque à gagner. 63 % des étudiants éprouvent un manque à gagner pour avoir des conditions de vie décentes. La proportion augmente à près de 70 % lorsque les prêts de l’AFE sont considérés comme étant une source d’endettement et non un revenu. « La dette moyenne à la sortie du baccalauréat est de 14 000 $, et est le lot de 60 % des étudiants ! Ils ne peuvent pas absorber un endettement encore plus grand ! », juge le président de la FEUQ.

Cet endettement est aussi causé par des dépenses en hausse. En effet, la hausse présente des frais de scolarité combinée avec les frais afférents fait grimper la facture moyenne des étudiants à 2 890 $. Il faut rajouter à cela 670 $ de matériel scolaire. « Le coût réel des études avoisine les 3 500 $ en moyenne. La moitié des étudiants utilisent plus de 20 % de leurs revenus pour payer leurs frais de scolarité ! C’est ça la réalité dans laquelle vivent les étudiants », précise M. Savoie. C’est sans parler des étudiants qui doivent défrayer un loyer. Dans plus de 65 % des cas, ils consacrent plus du tiers de leur financement total à son loyer, ce qui est grandement déconseillé par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL).
Étudiants à temps partiel

La situation financière des étudiants à temps partiel est précaire, bien que leur réalité socioéconomique soit très différente de celle des étudiants à temps plein. En effet, plus de la moitié des étudiants ont 27 ans et plus de 83 % ont quitté le nid familial. Dans 27 % des cas, ils ont au moins un enfant à charge. La majorité du financement des étudiants à temps partiel provient de leur travail (83 %) et seulement 23 % reçoivent une contribution parentale. « Dans le cas des étudiants à temps partiel, ce que dénote l’étude, c’est la difficulté de concilier la famille, le travail et les études. Plus de 84 % trouve la situation très difficile ou plutôt difficile. Le gouvernement doit appuyer financièrement les étudiants parents qui sont aux études », demande M. Savoie.

Ayant très rarement accès à l’Aide financière aux études, c’est la carte de crédit qui est la source d’endettement la plus utilisée. Ce sont 46,6 % des étudiants qui ont contracté un endettement, et ils s’attendent à sortir avec une dette moyenne de 11 500 $. « Les étudiants à temps partiel sont eux aussi dans le besoin : le principal motif de rallongement ou d’abandon des études de ceux-ci est financier ! Il ne faut pas les oublier dans les débats qui ont cours », rappelle Louis-Philippe Savoie.

Rencontre des partenaires de l’éducation

C’est avec cette étude en main que la Fédération étudiante universitaire du Québec ira défendre la réalité vécue par les étudiants lors de la Rencontre du 6 décembre. « Le gouvernement Charest devra écouter les étudiants. Il ne peut pas ignorer la situation financière précaire dans laquelle il place les étudiants universitaires du Québec. Il en va de l’avenir économique et social du Québec ! », conclut M. Savoie À la suite de l’étude, la FEUQ a formulé quatre recommandations pour améliorer concrètement la situation des étudiants.
  • Recommandation 1 : Que le gouvernement du Québec adapte ses programmes d’appui à l’accessibilité aux études universitaires en vue de préserver et améliorer l’accès aux études ;
  • Recommandation 2 : Que le gouvernement du Québec adapte ses programmes d’appui à l’accessibilité aux études universitaires en vue de reconnaître la diversité des cheminements scolaires possibles (traditionnels et non traditionnels) ;
  • Recommandation 3 : Que le gouvernement du Québec adapte ses programmes d’appui à l’accessibilité aux études universitaires en vue de faciliter la conciliation études-famille ;
  • Recommandation 4 : Que le gouvernement du Québec reconnaisse la situation financière précaire des étudiants en adoptant une loi sur l’accessibilité aux études. Que dans cette loi, le gouvernement du Québec s’engage à faire de l’accessibilité aux études une priorité en limitant les barrières générationnelles, géographiques, internationales et financières à l’entrée et à la poursuite aux études postsecondaires et que pour arriver à cette fin, que le gouvernement du Québec :
    • se dote d’objectifs concrets, déterminés en collaboration avec les acteurs du milieu et l’ensemble de la population québécoise, afin d’améliorer l’accessibilité aux études universitaires ;
    • revienne à une politique de gel des frais de scolarité universitaires au-delà de 2012 ;
    • améliore le programme d’aide financière aux études, notamment en ajustant les dépenses admises et la contribution parentale.
L’étude effectuée par la FEUQ est la plus vaste enquête jamais réalisée auprès d’une population étudiante au Canada. Il y a 12 619 répondants qui ont rempli le questionnaire, ce qui représente 8 % de la population étudiante inscrite à un programme au premier cycle universitaire. Elle couvre l’année 2009, soit les sessions de l’hiver 2009, de l’été 2009 et de l’automne 2009.

Vous pouvez télécharger l’étude complète dans notre section « Publications ».
Claude Gélinas, Éditeur
educationquebec.com

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